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Qu’est ce que le sertissage en joaillerie ? Techniques, types et savoir-faire

Qu’est ce que le sertissage en joaillerie ? Techniques, types et savoir-faire

Sertir une pierre, c'est la fixer dans le métal pour qu'elle tienne. Pas avec de la colle, mais avec le métal lui-même, repoussé, plié ou rabattu pour enserrer la pierre. C'est l'étape la plus délicate dans la fabrication d'un bijou : elle conditionne à la fois la solidité de la pièce et son rendu visuel.

Chez Atelier Grandval, le sertissage se fait à l'établi, pierre par pierre. Voici comment ça fonctionne, quels sont les principaux types de sertissage utilisés en joaillerie, et ce qui sépare un travail artisanal d'un montage industriel.


1. Qu'est-ce que le sertissage, concrètement ?

Le sertissage est l'opération qui consiste à fixer une pierre (précieuse, semi-précieuse ou perle) dans une monture en métal. Le principe est simple : on retire un peu de matière dans le métal pour créer un logement à la taille exacte de la pierre, on insère la pierre, puis on rabat le métal autour pour la maintenir en place.

La pierre est tenue par la pression mécanique du métal. C'est ce qui sépare la joaillerie artisanale de la bijouterie fantaisie, où les pierres sont souvent simplement collées dans des supports en métal coulé.

Un sertissage a deux fonctions : tenir la pierre solidement, et la mettre en valeur. Ces deux objectifs sont parfois en tension. Un sertissage très protecteur masque une partie de la pierre, alors qu'un sertissage minimaliste expose davantage la pierre aux chocs. Le choix du type de sertissage dépend donc à la fois de la nature de la pierre (taille, dureté, fragilité) et de l'effet recherché par le créateur.


2. Les différents types de sertissage

Trois familles de sertissage couvrent l'essentiel de la joaillerie contemporaine. Chacune a ses avantages, ses contraintes, et son usage privilégié.

Le serti griffe

C'est le sertissage le plus reconnaissable. La pierre est maintenue par de petites tiges de métal, les griffes, réparties autour de son contour. Quatre griffes pour une pierre carrée, six pour une pierre ronde dans la version classique. Avantage : la pierre est très visible, et la lumière passe librement par les côtés. Inconvénient : les griffes peuvent s'accrocher aux vêtements et s'user avec le temps. Sur les bijoux portés au quotidien, elles demandent une vérification régulière en atelier.

Le serti clos (ou serti masse)

Le métal entoure la pierre sur tout son contour, comme un anneau refermé. C'est le sertissage le plus solide et le plus protecteur. Il est idéal pour les pierres tendres, pour les bagues portées tous les jours, et pour les pierres de forme irrégulière qu'on ne pourrait pas tenir avec des griffes. En contrepartie, il masque une partie de la pierre et limite le passage de la lumière par les côtés. 

Le serti grain (ou serti pavé)

Le sertissage grain consiste à soulever de minuscules points de métal à la pointe d'un burin pour maintenir une pierre en place. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, cette technique ne s'applique pas uniquement à des pavages multi-pierres : un seul grain peut suffire à maintenir un unique diamant ou une petite gemme dans le métal.

Quand plusieurs pierres sont disposées côte à côte avec cette méthode, on parle alors de pavage, mais le principe de base reste le même : chaque grain est levé à la main, un par un, sans outil automatisé.


3. Le cas particulier des pierres brutes

Les sertissages classiques ont été pensés pour des pierres taillées et calibrées. Quand on travaille une pierre brute (pyrite cubique, fragment de quartz, minéral non taillé), aucun de ces standards ne s'applique tel quel. La forme de la pierre n'est pas géométrique, ses dimensions sont uniques, et chaque exemplaire impose son propre sertissage.

C'est la situation de certaines pièces de l'Atelier Grandval qui utilisent la pyrite brute. La pyrite cristallise naturellement en cubes, parfois parfaits, parfois légèrement déformés. Aucun cube n'est strictement identique à un autre. Le sertissage doit donc être ajusté pierre par pierre, à partir des dimensions exactes du minéral utilisé.

Sur la Bague O, le corps de bague est ajusté aux dimensions exactes de la pyrite pour que la pierre ne dépasse pas. Des rivets et tiges sont ensuite insérés après perçage pour la maintenir en place, avec un point de colle en renfort. Sur la Bague X, même logique : la structure en vermeil est travaillée sur mesure pour épouser le cube de pyrite.

Dans les deux cas, aucun gabarit standard ne s'applique. Chaque pierre impose ses propres dimensions, et chaque sertissage repart de zéro. C'est ce qui rend ce travail impossible à industrialiser, et l'une des raisons pour lesquelles l'atelier fonctionne à la commande, avec un délai de deux semaines par pièce.


4. Comment reconnaître un bon sertissage ?

Sans être expert, on peut vérifier la qualité d'un sertissage sur quelques points simples.

  • La pierre ne bouge pas. Une légère pression du doigt ne doit produire aucun mouvement, aucun jeu, aucun cliquetis. Si la pierre bouge, le sertissage est défectueux.

  • Le métal est en contact net avec la pierre. Pas d'écart visible entre la monture et le contour. Sur un serti clos, l'anneau doit suivre exactement la silhouette de la pierre.

  • Aucune trace de colle. Pas de résidu transparent, blanchâtre ou résineux au point de contact entre la pierre et le métal.

  • Les griffes sont uniformes (sur un serti à griffes) : même longueur, même épaisseur, même angle. Une griffe plus courte ou mal repliée est un signe de finition rapide.

  • Surfaces de contact propres. Le métal ne porte pas de bavures, ni de traces d'outil non polies sur les zones visibles.

À l'inverse, un sertissage industriel de mauvaise qualité se repère à plusieurs signes récurrents : pierres collées dans une matrice en métal coulé, griffes irrégulières, points de soudure visibles à l'œil nu, pierres qui se décollent ou bougent au bout de quelques mois d'usage.


5. Le sertissage chez Atelier Grandval

Chaque sertissage est réalisé à la main dans notre atelier du Marais, à Paris. Les pierres (pyrites brutes, perles de Tahiti et Akoya, lapis-lazuli, diamants, saphirs, rubis etc.) sont sélectionnées une par une avant d'être montées. Aucune n'est interchangeable : la monture est ajustée à ses dimensions exactes.

Pour les pierres brutes (pyrite), le sertissage s'adapte à la forme naturelle du minéral. Pour les perles de culture, la monture est calibrée à la taille de la perle (9 mm, 10 mm) pour qu'elle soit tenue sans pression excessive sur la nacre, qui est plus tendre que les pierres minérales.

Tous les sertissages sont garantis à vie contre les défauts de fabrication. Si une pierre se desserre dans son sertissage en raison d'un défaut de fixation initial, la pièce est reprise gratuitement à l'atelier. Les chocs accidentels, en revanche, ne sont pas couverts. Un sertissage, même parfait, ne protège pas la pierre contre une chute violente ou un impact sur une surface dure.

Un rendez-vous à l'atelier est possible pour discuter d'un projet de sertissage sur mesure : remontage d'une pierre de famille, sertissage d'une pierre achetée séparément, ou création complète à partir d'un dessin.

Découvrir les bijoux sertis main d’Atelier Grandval : https://ateliergrandval.com/collections/tous-nos-bijoux

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